SG de l’OIF – Dacian Cioloș, ancien Premier ministre roumain : « Je souhaite le soutien de la France, mais je ne suis pas le candidat de la France »

Candidat à la succession de Louise Mushikiwabo au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș a joué cartes sur table lors d’une conférence de presse organisée à Paris, le 30 juin 2026.
1er juillet 2026
Candidat à la succession de Louise Mushikiwabo au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș a joué cartes sur table lors d’une conférence de presse organisée à Paris, le 30 juin 2026.
À l’issue de son audition devant la Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie à Paris, Dacian Cioloș a reçu la presse à l’ambassade de Roumanie en France, qu’il a présentée avec humour comme étant « chez lui ».
L’objectif de cette rencontre était de présenter les grandes lignes de son projet et de répondre aux interrogations de la famille francophone à quelques mois du Sommet de Phnom Penh, prévu au Cambodge les 14 et 15 novembre prochains.
Face au candidat roumain se présentent trois candidates africaines : la secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui brigue un troisième mandat de quatre ans, la Congolaise Juliana Lumumba (RDC), au patronyme prestigieux, et la Mauritanienne Coumba Ba.
Dacian Cioloș a regretté que les auditions des candidats se soient déroulées à huis clos, estimant qu’un exercice de cette importance aurait gagné à être public. Il s’est néanmoins plié à cette procédure, souhaitée par certaines de ses concurrentes.
Seul homme et seul Européen en lice, l’ancien Premier ministre roumain revendique une approche pragmatique. Diplomate de formation, il se distingue par un discours direct, sans langue de bois.
« Je souhaite le soutien de la France, mais je ne suis pas le candidat de la France », affirme-t-il sans détour. Il souligne d’ailleurs ne pas avoir sollicité d’entretien avec Emmanuel Macron à l’Élysée, se disant pleinement satisfait d’avoir été reçu par le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, au Quai d’Orsay.
Une précision qui n’est pas anodine, alors que l’image de la France demeure aujourd’hui particulièrement dégradée dans plusieurs pays africains.
« Si je suis élu, je donnerai la priorité à l’Afrique »
Dacian Cioloș célèbre la langue française comme « une langue d’opportunités » et affirme vouloir insuffler un nouvel élan à la Francophonie.
« L’avenir de la Francophonie dépend des jeunes qui choisissent d’apprendre le français », insiste-t-il.
Sa priorité sera clairement l’Afrique.
« Si je suis élu Secrétaire général de l’OIF, je donnerai la priorité à l’Afrique, qui dispose d’un formidable potentiel de croissance grâce à sa jeunesse. »
Le candidat rappelle que le continent constitue le cœur démographique de la Francophonie : vingt-deux États africains sont membres de l’Organisation et, dans nombre d’entre eux, plus de 60 % de la population a moins de 25 ans, tandis que plus de 75 % a moins de 40 ans.
Autant d’atouts qui, selon lui, doivent être placés au centre de la stratégie de l’OIF.
D’ici au Sommet de Phnom Penh, Dacian Cioloș entend intensifier sa campagne sur le continent africain afin d’y renforcer sa visibilité. Après des déplacements au Sénégal et en Égypte, il participera la semaine prochaine à la session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à Yaoundé, au Cameroun. D’ici à la fin de l’été, il souhaite également se rendre dans plusieurs autres pays, notamment en Afrique subsaharienne.
À ses yeux, « le Secrétaire général de l’OIF doit incarner l’ensemble de la Francophonie » et avoir la capacité de fédérer l’ensemble de ses opérateurs et institutions. C’est à cette condition, estime-t-il, que l’Organisation pourra retrouver toute son autorité, son efficacité et son influence sur la scène internationale.
« Que la Francophonie ne soit pas perçue comme une organisation régionale »
Durant toute sa conférence de presse, Dacian Cioloș s’est gardé de toute critique personnelle envers Louise Mushikiwabo, dont il n’a d’ailleurs jamais prononcé le nom.
Mais une formule résume sa vision :
« Je suis bien conscient que provenir d’Europe de l’Est et ne pas être Africain n’est pas un handicap. Cela peut, au contraire, constituer une opportunité pour l’Afrique afin que la Francophonie ne soit pas perçue comme une organisation régionale. »
Le message est clair : pour retrouver une véritable stature internationale, la Francophonie doit dépasser les clivages géographiques et affirmer une ambition mondiale.
Selon lui, l’Organisation doit améliorer sa gouvernance et se doter d’une vision économique plus affirmée. « La Francophonie doit améliorer sa gouvernance et se donner une vision pour aller vers une Francophonie économique. »
Une orientation que soutiennent de nombreux opérateurs économiques, y compris en Asie, notamment au Vietnam et au Cambodge, où l’OIF est perçue comme un levier potentiel pour améliorer le climat des affaires et favoriser le développement économique.
Enfin, Dacian Cioloș affiche son ambition de renforcer le rôle politique de l’Organisation, notamment dans la prévention et la résolution des crises entre États membres.
Le conflit persistant entre la République démocratique du Congo et le Rwanda vient naturellement à l’esprit.
« Si je suis élu, je jouerai bien sûr un rôle dans la médiation et les négociations entre nos États. Le Secrétaire général de la Francophonie a toute légitimité pour s’impliquer, dès lors qu’il dispose d’un mandat clair des États membres. »
Avant de conclure :
« Il est essentiel d’amplifier le dialogue entre les États membres de la Francophonie. »
Une ambition élevée qui vise, au-delà de l’élection de novembre, à redonner à la Francophonie une influence politique, économique et diplomatique à la hauteur de son potentiel.
Quelques suggestions éditoriales supplémentaires pourraient encore renforcer l’article : raccourcir le titre, supprimer certaines citations redondantes et adopter une orthographe uniforme des noms propres (notamment Dacian Cioloș et Louise Mushikiwabo). Cela donnerait un texte encore plus proche des standards de la presse politique et diplomatique.




